La philanthropie : la voie la plus pertinente face au terrorisme

À tort ou à raison, j’ai souhaité humblement reprendre ma plume et partager quelques maux avec vous. Également un espoir : la philanthropie.

 

Daesh tue, massacre et assassine. Partout : Paris n’est malheureusement que la partie immergée de cet iceberg nauséabond ; la plus visible, car d’Occident, on s’identifie davantage à la vie « paisible » d’un parisien attablé en terrasse qu’à une femme voilée à Beyrouth.

Néanmoins, s’agissant de Paris, il me semble que la victoire de Daesh est moins ces -trop- nombreux morts que l’opportunité d’armer de jeunes européens pour semer la terreur chez eux.

 

De l’opportunité originelle de Daesh

Nul homme ne naît monstre. Il le devient, parfois. Ainsi les assassins sanguinaires de Daesh ont été enfants. Donc profondément innocents. Il est indispensable de l’apprécier.

Venant d’Europe, ils ont certainement appris à lire auprès d’enseignants bienveillants. Ils ont sans doute reçu l’affection de leurs parents -je souhaite le croire. Ils ont grandi dans un pays qui ne connait plus le sifflement des balles ni le bruit des bottes depuis bien longtemps.

Alors comment cette effroyable vision de l’Humanité prônée par Daesh (ou Boko Haram) a pu trouver un tel écho chez ces jeunes esprits ? Pourquoi ont-ils un jour quitté l’espoir suscité par la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, pour embrasser pareilles ténèbres? Quelles peurs, quelles frustrations ou quelles déceptions ont pu dessiner dans leurs coeurs une faille si béante que le monstrueux dessein de Daesh ait pu un jour s’y engouffrer?

Il y aurait donc l’origine, puis le cheminement et enfin, pour eux, la monstruosité. Souscrire à cela, c’est comprendre que s’attaquer à Daesh (action par ailleurs indispensable) n’apporte aucun remède à l’origine de ce mal. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin », écrivait Lao Tse. Détruire Daesh, c’est effacer un sentier. Pas la volonté de l’emprunter.

 

De la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité

Quel enthousiasme de voir le plus grand nombre, au-delà nos frontières, s’approprier la devise de la République française. Liberté. Égalité. Fraternité.

Force est de constater qu’à travers le Monde -et même chez nous- ces mots n’ont souvent aucun sens ; ou plutôt trop peu de pratique :

Malheureusement, la Liberté la plus expressive (et la plus répandue) est aujourd’hui économique. On est libre de privilégier le profit à l’humain. D’écraser ce dernier. De l’asservir. De le rendre malheureux. Moins d’une centaine d’hommes possèdent davantage de richesse que la moitié de la population mondiale.

Ainsi, l’Égalité la plus répandue dans le monde est celle qui lie les destins du plus grand nombre dans la pauvreté et le malheur.

Corollaire : la Fraternité reste la valeur humaine qui peine le plus à exister quand historiquement, le monothéisme contribue à la répression de son expression.

Tout Homme qui partage ce constat et ses frustrations sous-jacentes espèrerait naturellement voir un changement dans ce Monde. À la recherche d’un chemin, Daesh n’est que l’alter ego maléfique de la Philanthropie. Le Ying et le Yang quant à la volonté de changer le Monde.

 

De l’ombre et de la lumière 

Sans visiblement comprendre le Coran, on ne peut s’empêcher de constater que Daesh maîtrise quelques concepts de notre philosophie occidentale : « il suffit qu’un Homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l’Humanité entière », écrivait Sartre.

Les bombes que nous larguons aujourd’hui en Syrie ne verront pas les valeurs Liberté, Égalité et Fraternité éclater au grand jour. Encore moins aux yeux de celles et ceux qui pleureront des innocents déchiquetés par leurs explosions ; ceux que nous nommons pudiquement « dommages collatéraux ». Les banquiers et les commerçants sans scrupules qui soutiennent l’économie de Daesh, les industriels qui arment ses assassins, les hommes influents -qu’ils soient religieux, politiques ou lobbyistes- qui tirent bénéfices de cette tragédie et l’encouragent… eux dineront en famille, loin des déflagrations. Sans doute y a-t-il d’autres dommages (intérêts?) collatéraux à considérer dans l’équation ; entre pouvoir et territoire.

S’il paraît indispensable aujourd’hui d’entraver tous ces enfants devenus monstres, tous ces prédicateurs maudits, mais également celles et ceux qui les soutiennent -politiquement et financièrement, il semble primordial d’avoir le courage de regarder distinctement l’origine du problème. Et d’agir.

Gandhi écrivait « sois toi-même le changement que tu aimerais voir dans ce Monde ». Qui ne rêve pas d’un monde qui ne prétend pas, mais qui incarne véritablement les valeurs Liberté, Égalité et Fraternité ? À m’employer quotidiennement dans l’activisme philanthropique et pacifique, je constate également que nous sommes de plus en plus nombreux à nous engager dans cette voie et il me plait à croire que ce faisant, demain, Daesh trouvera de moins en moins d’enfants à défigurer.

Suffit-il qu’un Homme en aime un autre pour que l’amour gagne de proche en proche l’Humanité entière ?

C’est tout l’enjeu du Monde de Demain ; le reste, le vent l’emportera.

 

Philanthropiquement vôtre,

éaam

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